Xi’an et ses Terra Cotta Warriors

Jeudi 14 Janvier

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S’il y a bien une chose qui nous a conduit à Xi’an, c’est le site des Terra Cotta Warriors ! Sur la route qui nous a menés à cette ville, j’ai également appris que l’ensemble de cette région est un haut lieu archéologique de l’histoire de la Chine. La campagne environnante regorge de sites historiques découverts, et encore à découvrir. A priori, les architectes de la région ne veulent pas construire de haute structure, pour ne pas avoir à creuser trop profondément et prendre le risque de voir le chantier arrêté pour cause de découverte archéologique ! C’est aussi un problème pour certains paysans qui ont peur de labourer leur champ, et laisse les herbes pousser sur certaines parcelles pour ne pas dévoiler de lieu.
Le site des Terra Cotta Warriors en lui-même se trouve à une heure de bus de la ville de Xi’an. Ces soldats, dont aucun n’est identique, protégeaient le tombeau du premier empereur Qin Shi Huangdi. Ils étaient colorés, mais lors de leur découverte, le contact avec l’oxygène a tout simplement détruit les couleurs. Il resterait d’ailleurs beaucoup de soldats enfouis, mais le pays attend, sagement, d’avoir développé lui-même les technologies nécessaires à la préservation des pigments avant de les sortir de terre. Il n’en reste pas moins que c’est extrêmement impressionnant !

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En sortant du site, Ana et moi, très impressionnés par ce que nous venons de voir débattons sur l’évolution et le déclin des civilisations. Et comme pour faire écho à ce débat, le chemin qui nous mène de la sortie du site au parking des bus nous fait obligatoirement traverser une sorte de « Disneyland » du site, rempli de magasins de souvenirs, de restauration (comme souvent en Chine, KFC, et Mc Do sont face à face), nous y avons même vu une statue de Bumble Bee des Transformers…

Pour ce que l’on en a vu, la ville de Xi’an n’est pas des plus attractives. Avant de rencontrer John Rambo, nous marchions dans des rues collectionnant les câblages électriques à l’air libre, puis nous avons traversé en long, en large et en travers une grande rue commerciale, affichant les grandes marques occidentales, avant de découvrir le très coloré et très animé quartier musulman. Les rues sont remplies d’échoppes en tout genre, les enseignes lumineuses brillent de tous leurs feux. A même la rue, les pâtissiers étirent et tortillent la pâte qui leur servira à faire leurs nougats, pendant que d’autres tapent avec leur marteau géant sur la pâte à sucre. Les restaurants vantent leurs plats à grand cri en public, pendant que les locaux et touristes déambulent dans ce brouhaha, et que les balayeurs essaient de garder le lieu propre ! Ca fait saigner les yeux et les oreilles, mais c’est vraiment un univers incroyable. D’ailleurs, on y a passé deux soirées.

 

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Weina, que nous avions rencontré à l’aéroport, prend une de ses journées de vacances pour nous faire découvrir sa ville. Nous commençons par la visite du musée d’histoire du Shaanxi (la province où nous sommes). Voici un endroit où l’on peut vraiment se rendre compte de la place importante de cette région dans l’Histoire chinoise, qui est quand même bien plus vieille, et bien plus riche que l’histoire européenne ! Nous nous promenons ensuite dans le parc de la pagode de la Grande Oie Sauvage où Ana va découvrir le poulpe frit.

Nous profitons d’être avec une francophone, et interrogeons beaucoup Weina sur son pays. Elle nous parle de son enfance et de l’évolution très rapide de sa ville, de la Chine. Ana et moi avons remarqué un grand nombre de personnes âgées dans les rues de Xi’an. Weina nous explique que les maisons se sont transformées en immeuble, ce qui a entrainé la perte de surface des habitations, la disparition des parcs et jardins, et que maintenant, il n’y a plus de places pour les maisons intergénérationnelles. Tout ça en deux décennies. Je m’interroge alors sur la place qu’ont désormais les aïeux dans cette nouvelle société?

Christophe

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ALLANT VERS… À L’ENDROIT !

Une semaine s’est écoulée…
A la table d’un Mac Do de Xi’an, face à la gare, en attendant un train raté, je refais le tour de ces premiers jours où j’étais « allant vers » …
Allant vers Tian an Men et la cité interdite, la colline au charbon et le canard laqué de Beijing…
Allant vers une journée au corps de plomb, aimantée au lit. Belle au bois dormant, seule une brochette de « fruits d’amour » caramélisés, sentant bon la fête foraine de l’enfance, ont pu me réveiller.
Allant vers la grande muraille avec nos deux compères. Une rude ascension, un moment magique sur la plus haute de ses tours… puis nous sommes redescendus sur terre en un clin d’œil avec le goût amer des au-revoir à ceux qu’on aime…
Allant vers Xi’an, virtuellement puis pour de vrai. Une nuit sur les rails, en « doux sommeil » et à l’arrivée, une épopée inattendue avec John Rambo.
Allant vers le lendemain… la grande armée de terre cuite et ses milliers de visages. L’armée d’antan au fond des fosses, et celle de demain dans le fond : les gosses ! Hurlants, photographiant, bousculant, se ruant… A la nuit tombée, l’effervescence du marché dont nous avions eu un avant-goût lors du cache-cache à Dongdajié.

Allant vers Weina, rencontrée à notre descente de l’avion. Au-delà des immeubles partout en construction et de nos premières impressions, elle nous fera traverser l’histoire de son pays, et un peu la sienne aussi. Elle nous contera sa ville, son regard sur la façon dont elle avance… l’évolution des lieux de vie, de plus en plus petits… la disparition en ville des habitats intergénérationnels … les problèmes de financement des soins aux plus âgés en l’absence d’aides du gouvernement… et ses souvenirs d’enfance.
Puis, ce matin, errance…

Le paradis est loin, dès 5h30 du matin… le train raté et la précarité de cette matinée feront quand même surgir Ibrahim Maalouf et « ses illusions ». Avec lui je traverse peu à peu ce « nomade slang » chinois, « busy », il m’aide à apprivoiser mon illusion et mon rapport au monde. « If you wanna be a woman », c’est un passage obligé, pour faire du conte de fée une histoire vraie.
Alors, à l’orée d’une nouvelle semaine, je ne suis plus seulement « allant vers », je me sens à l’endroit !

Anaïs

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