Vietnâm Viêtnam

Jeudi 4 février

titre Vietnâm Viêtnam

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Allez savoir pourquoi, j’ai toujours eu un doute sur l’endroit où placer son accent …

Le Viêtnam est le seul sur la liste des pays de ce premier Voyâge à porter sur lui notre bel étendard : ce circonflexe que nous aimons tant ! En outre, nous découvrons dès notre arrivée à Hanoi que le chapeau arboré par ses habitants – et que l’on attribue souvent à tort aux chinois  – en a aussi l’allure. C’est par ces clins d’œil poétiques que l’âme du Viêtnam nous ouvrira ses portes.  Elle se révèlera ensuite très vite à nous, avec enthousiasme. D’abord à travers Hanoi : vivante, vibrante, vrombissante comme un ban de deux roues. Ici, même les cerisiers en fleurs voyagent en scooter! Nous entrerons rapidement et avec bonheur dans la danse de cette ville haute en couleurs.

Une première rencontre totalement fortuite, se fera autour d’un tout petit chien et de quelques gamins. Son prénom sonna comme une exclamation, comme une surprise et comme le début d’un éclat de rire : Ha nous raconta sa vie dans la maison familiale, son passé de voyageur…  Il se reconnu en Christophe et les liens se tissèrent, éphémères mais intenses. Cette rencontre sera une belle introduction au travail sur notre thématique dans ce bien nommé « pays de l’éternel sourire » qui nous réservait, nous le sentions d’ores et déjà, de belles surprises.

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A Ho Chi Minh nous nous laisserons simplement porter, le temps d’une journée, par l’ambiance du Têt – passage à la nouvelle année – au cœur d’un grand parc où les familles se retrouvent pour l’occasion. Dans ce parc la nature est en fête et les Hommes lui rendent hommage à leur façon. Nous en profiterons pour saluer les résidants de Saint Michel et pour leurs adresser tous nos vœux. Ils recevront notre vidéo au moment de la remise des ordinateurs offerts par l’association Les Voyages Circonflexes et financés grâce au prix initiative sociétaire de la Banque Populaire.

Anaïs

Finie la Chine, passons à autre chose… Allons au Viêtnam ! Pour commencer, il nous faut passer la frontière. Les douaniers nous font, en guise d’au revoir, une piqûre de rappel quant au contrôle exercé par le régime que nous quittons. Ils nous prennent à part pendant environ 45 minutes pour vérifier nos sacs, les photos sur nos tablettes, sur notre ordinateur… Qu’importe, nous partons !

Passées les formalités administratives, nous rentrons au pays du dragon par la ville de Lao Cai. En Chine, nous avons décidé de changer notre planning. Le froid, et surtout le trop grand temps passé dans les transports ont eu raison de nous, nous avons réservé un billet d’avion pour rejoindre directement Ho Chi Minh Ville et le delta du Mékong. Pour ce pays, nous changeons de stratégie : nous allons prendre le temps !

Nous sommes jeudi, et nous décollerons lundi prochain, nous allons quand même profiter de trois jours pour découvrir Hanoï. Dès notre passage dans la ville frontière, nous trouvons un bus, et filons vers la capitale. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que nos premières heures dans cette ville auront été sport !

Notre bus nous dépose sur le bord d’un grand axe, pas de gare routière, rien. Premier effet : nous nous sentons un peu perdu ! Deuxième effet : il nous faut prendre les choses en main, tout de suite. D’abord, se localiser, vite fait à l’aide de notre tablette tactile. Mais aura-t-elle assez de batterie pour nous mener jusqu’à notre hôtel ? Nous en avons repéré un dans le vieux quartier d’Hanoï, qui semble être à l’opposé de la ville. Nous ne savons pas trop comment y aller, et apparemment les taxis, ici, ont facilement tendance à arnaquer les gens. Nous allons utiliser la bonne vieille méthode : on se renseigne, et on part à pied. Nous avons quand même une carte de la ville, et on peut se géo-localiser de temps en temps.

Nous nous retrouvons très rapidement confrontés à l’obstacle principal d’Hanoï : la traversée d’une route ! Et, là où nous a déposé notre bus, il n’y a pas le choix, il faut traverser le périph’ !!! Il est 18h, c’est l’heure de pointe. Heureusement, nous avions auparavant appris qu’il ne fallait pas attendre qu’il n’y ait plus de véhicule, car ça peut durer longtemps. Très rapidement, nous nous lançons, et en fait, ça se passe plutôt bien si on est attentif. Un peu plus loin, nous marchons au milieu des scooters, sur la route, car les trottoirs sont transformés en parking à deux roues. Nous avançons pendant deux heures dans cette animation, avec nos sacs sur le dos, ça met dans l’ambiance de la ville et du pays.

Nous passons notre première nuit dans un hôtel un peu glauque, trouvé en urgence, caprices intestinaux obligent…  C’est la haute saison touristique, et beaucoup d’hébergements affichent complet. La première chose que nous y faisons est de trouver un autre lieu sur internet, ce qui nous permet de voir que nous avons vraiment changé de pays, le web fonctionne vite et nous avons enfin accès à google et facebook. Mine de rien, ça va grandement nous faciliter la vie. Au Hanoï Culture Hostel, nous sommes accueillis comme des princes, avec comme cadeau de bienvenu, une petite citronnade, et une banane, qui permet à Ana de découvrir le vrai goût de ce fruit. Ça change de celles, fades, que nous avons en France. Ana salive déjà à l’idée de toutes les saveurs et les goûts qu’elle va découvrir ici.

Une première ballade nous donne l’occasion d’aller découvrir ce nouvel environnement. Instantanément, nous confirmons notre impression déjà ressentie hier, après avoir passé la frontière, nous nous sentons bien ici, détendus. Il fait chaud, et il y a une espèce d’anarchie, de liberté dans cette ville qui nous fait un bien fou. La Chine aura finalement été très compliquée pour nous, et c’est en sortant du pays que nous nous en rendons pleinement compte. Toute l’agitation d’ici est un vrai bonheur, contrairement à la précédente, qui était plus oppressante. Nous rentrons à l’hôtel avec cette certitude, le plus dur est derrière nous.

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Une seconde promenade au travers des rues du vieux quartier nous mène près du lac Hoan Kiem. Où que nous allions, il y a toujours cette animation, et partout, des scooters. Nous marchons désormais sur la route, au milieu d’eux, et traversons les carrefours sans hésitations. C’est dingue comme on peut vite s’habituer à de nouvelles normes. Nous continuons aussi nos découvertes culinaires : nems, rouleaux de printemps, soupes locales et porcs caramélisés sont au menu, on se régale. A ce niveau-là aussi c’est une sorte de renaissance, un feu d’artifice pour nos papilles !

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Notre troisième jour à Hanoï est un jour particulier pour le pays, ce soir, c’est la fête du Têt, le nouvel an. Nous voulons continuer sa découverte, mais ça n’est pas sûr du tout que nous y arrivions, c’est un jour férié. Il y a une sorte d’effervescence dans la ville, mais presque tous les magasins ont portes closes. A tout hasard, nous nous dirigeons vers un lieu dont je sais que juste le nom éveil la curiosité et l’éveil d’Ana, le temple de la littérature. Comme nous le pressentions, nous le trouvons fermé, tant pis. Nous allons alors dans un petit parc en face, où il a l’air de se passer quelque chose. Y sont présents une dizaine de stands d’artistes calligraphes. Le tour est vite fait, et nous décidons de nous poser sur une estrade afin de réfléchir un peu à la suite. Derrière nous, une bande de jeunes enfants s’amusent avec un mini-chiot, de la taille d’un chaton. Il est surexcité, et vient me chercher pour jouer avec lui. Ca a d’ailleurs l’air de bien amuser les 7-8 enfants, qui commencent à essayer de nous parler anglais…

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Ces enfants ne sont pas seuls, ils sont accompagnés du grand-père de l’un d’entre eux : Ha, 70 ans. Instantanément, une sorte de connexion se crée entre lui et moi, il essaie d’apprendre l’anglais et veut pratiquer. Moi, je suis enchanté de converser avec un vieil homme local. Je crois que je commence véritablement à me prendre au jeu de notre projet, et c’est très enrichissant de parler avec un homme d’expérience, qui a une vie à raconter. J’interroge Ha sur son parcours, d’abord sa jeunesse, il est né sous occupation française mais n’en garde que peu de souvenirs. Nous n’évoquons pas la période suivante de l’histoire du Viêtnam, plus compliquée et probablement plus traumatisante. Mais il revient avec grand plaisir sur ses voyages. Il a travaillé de longues années en C.C.C.P. puis voyagé un Europe de l’Est. Peut-être se retrouvait-il un peu en nous, autres voyageurs d’une autre époque. Puis, il me parle un peu de sa vie au Viêtnam. Il semble heureux de vieillir ici, près de son fils et ses deux petits-enfants. Mais, je ne sais pourquoi, quelque chose le dérange dans ce mode de vie. A ce que j’ai compris, lui et sa famille vivent dans la même maison, chacun à son étage. Mais la nuit tombe, ce soir, c’est une fête familiale, et il faut rentrer préparer ça. Avant de nous quitter, Ha nous demande si nous pouvons revenir dans ce même parc, demain, pour se revoir. D’un coup, je suis un peu moins content de m’envoler pour le sud et Ho Chi Minh …

Christophe

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