Une parenthèse thaïlandaise pour les circonflexes !

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« Mama ? C’est la mama de qui ? Quel âge avez-vous ? »… Combien de fois les ai-je entendues, ces interrogations au Vietnam, Cambodge, Thaïlande ! Interrogations ponctuées d’étonnement. Hé oui, ce n’est pas si courant de barouder avec ses enfants, de vivre leur projet au même rythme qu’eux, sans hébergement réservé d’avance, en utilisant les transports locaux, en évitant les restos pour touristes, en voulant tout simplement essayer de vivre au plus près des habitants du pays pour apprendre à les connaitre un peu et découvrir ce qui fait leur vie et les beautés de leur pays.

Quand Christophe et Anaïs m’ont proposé de les rejoindre pour  3 semaines au Vietnam,  j’ai hésité, craignant de les déranger dans leur projet. Puis devant leur insistance,  j’ai accepté, persuadée que nous saurions, malgré notre différence d’âge vivre pleinement cette expérience à trois. Alors, c’est impatiemment que j’ai attendu  le jour du départ

24 février 2016 – 7h40 – arrivée à Ho chi Minh ville, accueillie par 4 grands sourires, car Sang et Lang (Monique) nos amis vietnamiens étaient là aussi  et c’est le début d’un merveilleux périple :

Ho Chi Minh ville, juste traversée , au milieu des innombrables scooters. Sa Dec, où vivent Sang et Lang , Chau Doc, puis le Cambodge, Phnom Pen, Siem Reap et les temples d’Angkor et la Thaïlande, Bangkok, Hua Hin…. Christophe et Anaïs vous décriront mieux que moi en textes et images tous ces lieux découverts et leurs splendeurs.

Mais resteront profondément gravés en moi le souvenir de ces sourires sur les visages des nombreuses personnes qui ont croisé notre chemin. Celui, si beau et sur lequel transparaissait tant de bonté, de cette vieille dame à Sadec qui vendait des billets de loterie pour survivre. Cette jeune femme et son petit garçon dans une gargote aux temples d’Angkor qui nous expliquait avoir vendu – enfant – des cartes postales aux touristes pour pouvoir payer son uniforme pour aller à l’école ; toutes ces personnes amputées, victimes des mines anti-personnelles au Cambodge, sans autre ressource que de faire la manche ; cette grand-mère et sa petite fille dans le train qui nous menait à Hua Hin ; les chauffeurs de tuk-tuk … et tant d’autres encore.

Il m’aurait été impossible, seule, d’organiser une découverte de ces pays sous cette forme-là. Notre trio étonnait souvent, et ma présence amenait des questions et des contacts. Mon souhait, pour ce voyage était de partager la vie d’Anaïs et de Christophe sans les obliger à modifier leur fonctionnement. Ils ont dû tout de même m’aider à monter sur les scooters ou le pousse-pousse, à porter quelquefois ma valise, trouver des guesthouses avec ascenseur et marcher un peu moins vite. Mais je crois que nous avons vécu trois semaines de cohabitation en toute sérénité, attentifs au bien être de l’autre, semaines riches d’échanges, de rencontres avec les habitants des pays traversés mais aussi pour moi avec d’autres jeunes voyageurs (merci Adrian pour ta délicatesse et tes attentions).

Alors, si vous avez l’occasion, vous, sexa, septua, octo … De partager de tels moments, surtout, n’hésitez pas, vous pourriez vous priver de grands moments de bonheur.

Dominique

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L’interview des 5 sens de Dominique

S’il ne restait qu’une odeur?

L’odeur d’égout au milieu des odeurs de bouffe. Et l’odeur de la fleur de frangipanier.

Qu’une sensation?

Le désordre qui semble régner, principalement au Viêtnam et au Cambodge. Sensation moins forte en Thaïlande. Mais aussi la grande pauvreté de personnes qui portant restent toujours très dignes et souriantes.

Qu’un goût?

Le jus de passion, à devenir accroc !

Qu’une image?

Il y en a trop tant les beautés sont nombreuses. Mais émotionnellement, la plus forte est le sourire de Sang & Lang à mon arrivée.

Qu’un son?

Le « Touk touk Madame » des chauffeurs.

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Notre présidente, après avoir bien vérifié le contenu de notre travail, doit bien rentrer faire son rapport en France ! Nous la raccompagnons donc jusqu’à Bangkok, pour passer ces derniers jours en Asie dans un troisième pays. Entre la frontière et la capitale, ma mère me fait part de son étonnement, elle n’est pas encore sortie du bus qu’elle ressent déjà la différence de culture. Notre bus nous dépose près de la fameuse rue nocturne de Bangkok, Khao San Road. Ça tombe bien, nous sommes dans la vieille ville, près des sites à voir, et où les logements sont à tarifs plutôt accessibles. Du coup, Ana et moi laissons ma mère à une terrasse pendant que nous partons prospecter les hôtels. Elle partira dans la nuit de mardi à mercredi prochain. Depuis son arrivée, nous avons vu et visité beaucoup d’endroits, mais nous sommes principalement restés en ville. Il lui reste cinq journées complètes avant son départ, nous décidons de partir pour le week end. Dans un premier temps, nous nous étions renseignés sur le marché flottant de Damnoen Saduak. Après quelques informations glanées sur internet, nous avons la très nette impression, qu’en plus d’être très cher, ça semblerai être un attrape-touristes. A priori, les marchands ne seraient là que pour poser devant les appareils photos, et dès 9h, la place est envahie de cars venant de Bangkok, très peu pour nous ! Du coup, nous avons cherché une plage proche de la ville. Pataya ne nous intéresse pas du tout, nous découvrons alors Hua Hin, qui semble être un lieu assez calme où les habitants de Bangkok viennent passer le week end. C’est en bord de mer : destination choisie.

Nous partons en train. Nous sommes en 3ème classe, sur des sièges en dur, les fenêtres sont ouvertes, tout comme les portes. Au plafond, les ventilateurs tournent. Le train roule lentement, nous avons tout le loisir de regarder le paysage défiler. D’abord Bangkok et sa grande banlieue en construction, ou se mêlent modernes buildings et bidonvilles. Parfois, ces logements précaires sont tellement proches de la voie que nous pourrions les toucher de l’intérieur du wagon. En avançant vers le Sud, le paysage urbain laisse place à la vie rurale. Autour de la voie, des cultures, des champs, peu de lieux inexploités par l’Homme, mais pourtant une impression de vie en communion avec l’environnement. A l’intérieur du train, les vendeurs ne cessent leurs allers-retours dans les wagons. Ici, il ne sert à rien d’acheter sa nourriture avant un long trajet. Ici, un déplacement n’est pas qu’un trajet d’un point A à un point B, il s’agit d’une découverte de la vie quotidienne. Malgré le manque de confort évident, je vois mes co-voyageuses apprécier chaque minute, ça fait plaisir. Ce week-end est un bon moment de détente. Par expérience, je sais que c’est agréable de terminer de la sorte un voyage éprouvant. Il faut savoir se vider la tête avant de retourner à son quotidien.

Bangkok

Nous sommes de retour à Bangkok. Pour l’instant, hormis les alentours de notre hôtel, et le marché de nuit (gouffre à fric !!!), nous n’avons encore rien vu de la ville. Pourtant, à quelques dizaines de minutes de marche se trouvent quelques sites importants. Le Palais Royal, Wat Pho et son Bouddha couché, Wat Arun, et bien d’autres encore. Il ne reste que deux jours à ma mère, il faut en profiter. Nous commençons donc notre journée en nous dirigeant vers Wat Pho. Le palais royal est sur le chemin, mais refroidis par son prix excessif et la petite déception de celui de Phnom Penh, nous avons décidé d’en faire l’impasse.

En route vers Wat Pho nous découvrons un autre temple : Wat Indharavihan. Nous décidons d’y entrer. Dans l’enceinte, trône un immense Bouddha debout. Cet étrange personnage  représenté partout, dans diverses postures, m’intrigue de plus en plus…

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Le long d’un mur, je m’arrête devant une vitrine interminable, avec de petits emplacements recouverts de miroirs. Dans chacun d’eux, une urne, sublime, colorée, travaillée avec soins. Devant la plupart de ces urnes, reposent les photos des défunts.

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Je remarque très vite que dans certains emplacements, deux photos sont apposées côte à côte. Un couple, sans nul doute. Deux photos pour une seule urne… Je trouve cela beau.  L’espace d’un instant un peu de moi déplore que, dans le pays d’où je viens, cela ne puisse se faire… N’y-a-t-il pas quelque part un paradoxe dans le fait qu’on nous demander nos dernières volontés, nos directives anticipées, sans nous offrir finalement, réellement, la possibilité de vivre notre éternité où et comme bon nous semble ?

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Nous poursuivons en entrant dans une pagode. Y trône quatre Bouddha, du plus petit au plus grand. Sur les murs, de magnifiques peintures colorées racontent en détail la vie d’un village : les visiteurs venus rencontrer les moines, les vendeurs et leurs marchandises transportées sur leur dos ou sur bateaux, les badauds, les enfants qui jouent, la nature… Alors que j’écris pour transmettre mes souvenirs, deux personnes prient. Un homme dépose un billet dans une urne en saluant Bouddha, puis, il va se servir un bol d’eau qu’il boit, et dont il se rafraîchit au passage. La vie traverse cet endroit. Je m’y sens bien. Au dehors, près des petites vitrines, une famille débarrasse la table. Ils semblent avoir partagé un repas au frais, auprès de leur ancêtre.

Nous pénétrons dans le temple de Wat Pho. Tout de suite à notre droite se trouve le fameux Bouddha couché de 45 mètres de long. Il est extrêmement impressionnant. Ana et ma mère l’avaient déjà vu en photo, mais elles m’ont toutes deux avoué avoir été épatées par le monument. Elles ne l’imaginaient pas aussi  grand.

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Nous avons peut-être passé 30 min à ses alentours, mais aussi 2h30 sur le reste du site. On peut s’asseoir au frais près de petits oasis, ou encore apprendre les ancestraux points de massages thaïs dans un pavillon dédié à cet art.

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Près de Phra Buddhaisaiyas (le bâtiment du Bouddha) se trouvent quatre énormes pagodes serties d’éclats de verre multicolores. Ils étincellent sous le soleil.

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Autour d’elles, des couloirs abritant des dizaines de petites statues : différentes représentations de Bouddha.

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Un peu plus loin, un professeur d’école me faisant penser au professeur Kitting (dans le film Le Cercle des Poètes Disparus), donne ses cours assis sur un banc, à l’ombre d’un arbre, devant l’école. Les élèves sagement assis par terre prennent des notes. L’une d’elle, probablement l’élément perturbateur de la classe, s’agite sur le banc.

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Nous continuons la visite au milieu de ces pagodes qui brillent de mille feux.

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IMG_5047-2Nous terminons par le temple principal de Phra Buddha Deva Patimakorm dans lequel trône un Bouddha assis. Des croyants prient devant lui.

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Terminer ? Pas tout à fait. Etant déjà passé ici, je me souviens qu’à la sortie du temple se trouve une école de massage. Ca fait déjà quelques jours que nous évitons de nous en offrir un en pensant à ce lieu. Nous nous faisons alors ce cadeau : une heure de massage, des pieds pour ma mère et moi, Thaï pour Ana. Celui-là, je l’ai déjà expérimenté, et je sais qu’il peut être assez brutal. Je suis curieux de voir Ana en sortir. Son impression ne tarde pas à venir : elle s’est sentie comme un accordéon dans les mains de la masseuse ! Ce massage typiquement Thaï, tout en souffle et en étirements semble lui avoir fait un bien fou.

Ma mère part ce soir, je suis content d’avoir vécu un bout de notre aventure avec elle, je considère cela comme une chance. Je suis surtout heureux qu’elle ait découvert ce mode de vie, notre mode de vie pendant cette aventure, car nous n’avons pas fondamentalement changé notre façon de voyager. Je pense que désormais, elle suivra notre aventure avec un nouveau regard.

20h, nous partons vers l’aéroport. Ça fait bizarre de faire ce trajet sans être celui qui décolle… 22h l’enregistrement est terminé. Un gros câlin pour se dire au-revoir et elle rejoint sa salle d’embarquement. Nous attendons confirmation qu’elle est prête à décoller et rentrons vers l’hôtel en prenant un skytrain désert.

Nous nous sentons un peu seuls au monde tout à coup…

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Bons plans de Tof n°3-1

Un commentaire

  1. Bon article , tres interressant et merci pour les conseils .
    Nouveau guide ??
    Il faudra que je l’essaye ce couscous moi qui n’ en n’ai pas mange depuis que j’ ai quitte la Tunisie et ensuite la France pour l’ Australie. Je commence a en avoir marre des Green curry et autres.
    En plus juste a cote de mon chez moi a Sathorn a BKK.
    YVES HERNOT

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