Sabaidee Lao PDR

img_6352

Sabaidee Laos PDR, « Lao People’s Democratic Republic »!

Nous y voilà! Lors de la planification de notre voyage, ce pays me paraissait incontournable. Il fallait absolument qu’Ana vienne le découvrir. Son rythme de vie, ses paysages et ses habitants m’avaient tellement charmé lors de mon premier voyage en Asie, qu’il était impossible de ne pas y revenir. Je l’avais alors traversé du Sud au Nord, et avait beaucoup couru en l’espace d’un mois. C’était trop de distance pour un pays où les transports ne sont pas réputés pour leur rapidité… Aujourd’hui, nous arrivons avec l’intention de nous concentrer sur une zone géographique peu étendue : le Sud du pays. Nous allons prendre le temps de profiter des endroits où nous passerons ; et probablement essayer de chercher un volontariat dans une plantation de café sur le plateau des Bolavens.

Pour le moment, nous sommes à Don Det, une des îles de l’ensemble dit des « 4000 îles ». Nous sommes rentrés dans ce pays à une date stratégique, le 13 avril, premier jour de Pimay Lao, le nouvel an lao (pour info, nous sommes rentrés dans l’an 2560). Cette fête dure quatre jours et est aussi appelée Fête de l’eau. Pour schématiser, le pays entier se transforme en bataille d’eau géante, et la « Beer Lao » (bière nationale, à mes yeux la meilleure d’Asie du Sud-Est) coule à flot ! Ça semble être une bonne mise en bouche non ? Les petits tracas de la frontière sont très vite oubliés…

img_6082

Autour de Don Det

Avant notre arrivée j’ai entendu dire que certaines choses avaient changé dans ce pays. Il y a cinq ans, lorsque j’étais passé à Vang Vieng (dans le Nord), j’avais été atterré par cette ville où régnait une ambiance de « springbreak », sans aucun respect pour la vie locale. Apparemment, suite à plusieurs accidents, le gouverneur de la région a pris les choses en main et a tout fermé. Mais il semblerait que tous ces teufeurs expulsés aient trouvé refuge à Don Det, sur le coin Nord-Ouest de l’île. En conséquence, nous sommes allés chercher un logement sur le coin Sud-Est !

Cette île n’est pas aménagée pour la circulation automobile, il faut dire que l’électricité y est arrivée tout juste il y a cinq ans. Il faut donc emprunter des petits chemins. Du débarcadère à notre guesthouse, le Mékong Dream, il faut parcourir environ quatre kilomètres.

img_6133

Après avoir rapidement laissé le village derrière nous, nous longeons le Mékong. Il s’écoule paisiblement…

img_6111

Sur notre droite, les champs sont jaunis par la saison sèche.

img_6145

J’étais venu à la fin du mois de juin, en pleine saison des pluies. Les champs arboraient le vert des jeunes pousses de riz, et le Mékong était marron. C’est bien de redécouvrir cet endroit à une période différente.

Sur le chemin, nous commençons à être méfiants, des pistolets à eau ou des tuyaux d’arrosage peuvent sortir de nulle part. Si mon équipement photo sort vivant de cette période, ça sera une belle performance !

Nous avons trouvé hébergement près du pont qui relie Don Det à sa voisine, Don Khon. Cet emplacement me paraît stratégique : en plus d’être éloigné des teufeurs, nous sommes au milieu de ces deux îles. Il nous est ainsi aisé de visiter l’une ou l’autre.

Notre guesthouse (au centre de la photo)

Notre guesthouse (au centre de la photo)

Nous laissons le pont derrière nous et filons vers la côte Ouest, celle du coucher de soleil. Les premiers kilomètres sont très agréables et très calmes. Nous croisons peu de monde, et repérons un cours d’eau qui invite à la baignade…

  img_6308  img_6326

Un peu plus loin, nous passons devant une première guesthouse qui possède une plage privée. Plusieurs occidentaux se baignent, une bière à la main.

img_6128

Peut-être un aperçu de ce nouveau Don Det ? Nous continuons notre chemin, et plus nous avançons vers le Nord de l’île, plus nous voyons de guesthouses. Il me semble qu’il y n’y en avait pas autant… Tous ces lieux possèdent une terrasse donnant sur le Mékong et le coucher de soleil. Partout, des gens sont allongés sur des couchettes, à boire des coups, et parfois, regarder « Friends ».

Mais il n’y a pas que cette façade sur cette île, surtout en ce moment. C’est Pimay, et les laos sont en vacances. C’est la fête dans toutes les maisons, et les enceintes sont de sorties. Les enfants et grands enfants sont toujours prêts à arroser le passant.

img_6350

Les adultes boivent de la Beer Lao et en boivent beaucoup ! Nous sommes arrêtés devant certaines maisons. On nous y sert un verre à boire cul-sec avant de repartir. L’ambiance est excellente !

Perdus sur Don Khon

 Bien qu’il existe des taxis collectifs (limités à l’usage d’un seul chemin), il vaut mieux privilégier deux moyens de déplacement sur ces îles. Mais il faut être prêt à activer ses petites jambes ! Vous l’aurez compris, il faut soit marcher, soit pédaler. Autant la marche est vraiment aisée et les promenades relativement rapides sur Don Det, autant il vaut mieux opter pour le vélo sur Don Khon ! L’île est tout de même assez vaste, et il faut compter une bonne journée pour la visiter.

Alors que nous cheminons vers les Li Phi Waterfalls, je retrouve les routes pleines de cailloux et de trous, comme il y a 5ans. Elles n’ont pas changé.

img_6151

En revanche, l’aménagement autour des chutes a bien changé. Les petits restaurants, autrefois installés à proximité des chutes se situent maintenant sur un grand parking. Il faut acheter un billet à quelques centaines de mètres du site pour y accéder.  Le lieu était très boisé. Je constate que les arbres ont été abattus pour dégager la vue.  Ils ont laissé place  à des bouquets de bambous bien proprets. L’aménagement est plutôt bien réalisé, mais quelque chose me désole un peu. Je pense que ces chutes, sauvages et indomptables, méritent une entrée à leur mesure.

Notre deuxième point de passage sur l’île est la plage de Ban Hang Khon à l’extrême Sud-Ouest de l’île, en face du Cambodge. Il faut très chaud, et cela semble être l’endroit idéal pour se baigner.

Nous reprenons le chemin vers la troisième étape : la pointe Sud-Est de l’île d’où l’on peut prendre un bateau pour aller voir les Irrawady (espèce particulière de dauphin d’eau douce). Nous prenons plaisir à nous perdre dans des petits chemins.

img_6236

Arrivés à la pointe Sud, nous attaquons la remontée de l’île, par la côte Est. Le chemin n’est pas très large et longe la rivière. Par endroit, je ne suis pas sûr que deux vélos se croisent. Nous traversons plusieurs ponts qui paraissent assez incertains.

img_6241

La forêt est magnifique, le chant de la rivière, apaisant et séduisant, nous attire pour profiter des douceurs d’une baignade. Malheureusement pour nous, une famille de buffles nous a devancé. Nous ne voulons pas les déranger…

img_6259  img_6256

Nous atteignons les deuxièmes chutes d’eau. De l’autre côté du pont suspendu, nous découvrons un petit village de pêcheurs. Leurs différents pièges en bambou sont en place dans la rivière.

img_6293  img_6262

Il n’y a personne, nous trouvons un endroit où le courant n’est pas trop fort pour nous y allonger. Un rocher plat fait office d’oreiller, pour un bon moment de repos qui clôture à merveille cette journée.

img_6295L’atmosphère de ces îles se révèle de plus en plus attrayant au fil des jours.

Un crépuscule les pieds dans l’eau

C’est étonnant, quand on laisse filer le temps tranquillement, on ne se rend même plus compte des jours qui s’égrainent… Cela fait déjà cinq jours que nous sommes ici et nous commençons à avoir l’impression que nous pourrions y passer toute une vie, belle douce, et paisible. Le moment est propice pour une petite virée sur le Mékong au soleil couchant.

Nous avons choisi, Romano, Ana et moi de vivre ce moment avec Mai et son magnifique bateau fait maison (cf « Mes astuces de routard »).

img_6388

Nous découvrons d’abord les petites îles avant de passer devant Nakassang. Devant l’embarcadère de ce village,  les célébrations de Pimay se poursuivent encore, deux jours après la date officielle de fin. Une scène a été montée, et la fête déborde dans l’eau. L’ambiance est incroyable.

img_6429  img_6421

Plus loin, certains ne peuvent s’arrêter de travailler : les pêcheurs continuent de jeter leurs filets à l’eau. Nous passons devant eux, le soleil continu sa course vers l’horizon et les paysages commencent à devenir très photogéniques.

Notre barque s’échoue volontairement sur un banc de sable du fleuve. Nous pouvons aller nous baigner. Le soleil s’est caché derrière des nuages.

La nuit tombe, et nous devons rentrer éclairés à l’aide de nos torches. A notre gauche, plus au nord, de gros éclairs éclatent et certains nuages semblent chargés. La mousson approche-t-elle à grands pas ?

Des rencontres qui font germer des idées

Vous l’aurez compris, il règne une atmosphère particulière ici, notre rythme est calé sur celui du Mékong, très tranquille. Peut-être à cause de la chaleur, ou alors à cause de ces hamacs qui semblent si confortables ? Ou alors, la vie si particulière de cette guesthouse, rythmée sur un tout ou rien ? En journée, il y règne un calme absolu. Les poules prennent le pouvoir de la boutique  et nous accueillent fièrement perchées sur le comptoir. Elles surveillent bébé qui dort, et jouent avec les chiens… En soirée, la vie s’éveille autour de Beer Lao. Le patron nous en offre régulièrement un verre accompagné d’un grand « Pimay Lao ! ». Ces moments empreints de générosité et de bonne humeur sont propices à des échanges stimulant avec les autres baroudeurs, étrangement, tous français.

Etienne et Aurore voyagent depuis huit mois. Ils ont commencé par le Tadjikistan et ses alentours avant de passer en Inde, puis revenir vers l’Est avec deux motos achetées en cours de route. Leur truc à eux, c’est le voyage à petit budget. En plus de nous donner quelques bons conseils sur l’Inde, ils partageront avec nous leurs astuces et bons plans pour voyager pas cher.

Romano est une sorte de voyageur à durée indéterminée. Fan de la découverte du monde, de lecture, et de cinéma que certains qualifieraient de bizarre (genre cinéma russe, japonais, vieux films français, documentaires), il a une culture et une sagesse qui font totalement oublier ses 21 ans. Son truc à lui, c’est d’apprendre la langue du pays où il passe. Ça fait trois semaines qu’il est au Laos, et il peut déjà communiquer avec les locaux. Cette démarche nous séduit et nous sautons sur l’occasion pour apprendre quelques rudiments.

img_6407

Stéphane et Sarah, avec qui nous avons passé la frontière, sont sur la route depuis près de quatre mois. Avant d’arriver en Asie, ils ont passés trois mois en Nouvelle Zélande… J’en parle avec eux avec un brin de nostalgie… J’aimerais tant y retourner ! C’est le moment que choisit Ana pour me surprendre de la plus belle manière… Dans deux mois, elle aura 31 ans, âge limite pour obtenir un « Working Holiday Visa » : elle me propose d’en faire la demande et d’enchaîner sur ce pays après l’Inde. Je suis d’accord à 200%, c’est une initiative qui me plaît !!! Ça ne va pas être facile à mettre en place, mais autant profiter d’être déjà en Asie (et donc à mi-chemin par rapport à la France) pour tenter le coup. J’ai gardé des contacts là-bas qui pourraient grandement nous aider. Une idée prend racine en nous…

Finalement, dans ce genre de voyage, en étant ouvert aux autres, chaque rencontre peut changer le futur immédiat.

untitled-poster_14007229_33dcecc58f28f6886461fd9930f11699dbd87e71

Là où les souliers nous mènent

Un nouvel événement extérieur est venu interférer dans nos plans, par le biais d’un mec bourré… Il est arrivé un soir à l’auberge, visiblement plus mené par ses pieds que par sa propre conscience. Il s’est déchaussé, comme il est de coutume de le faire ici, et est reparti avec les chaussures de Stéphane (qui s’est rendu compte de leur disparition le lendemain). Ce même mec est revenu trois jours plus tard, toujours mené par ses pieds. Peut-être que les chaussures voulaient retrouver leurs propriétaires ? Stéphane étant parti, nous nous sommes chargés de les récupérer, et il nous faut maintenant les lui ramener à Champassak…

Voilà une bonne raison de partir ! Pour être franc, nous en avions besoin ! Je crois que s’il ne tenait qu’à nous, nous aurions pu passer bien plus de temps  à nous perdre encore et encore sur ces îles merveilleuses…

C’est sûr, nous sommes bien au Laos PDR : « Lao Please Don’t Rush !!! »

Christophe & Anaïs

bons-plans-de-tof-n8-1

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *